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Vous trouverez ci après le texte d'une chanson poème dédiée aux poilus et écrite par Christelle Tribouilloy et Jacques Pierru Ce texte écrit par des arrières petits enfants de combattants est frappant de réalité: Découvrez le texte et la vidéo: "Le soldat Je suis dans un lieu dit dont j’ignore le nom Un patelin quelconque, sans renom Au loin j’entends tomber les bombes Là-bas c’est sûr des hommes tombent C’est pour l'amour de notre pays Qu’on a suivi les hommes dans leur folie On est parti la fleur au fusil Toute volonté propre abolie Pensant revenir très vite Après une guerre de poursuite Ce soir je suis de garde, je vois cette désolation J’imagine avoir choisi de me poser là Comme on pouvait le faire autrefois Au milieu des champs fleuris bordés d’arbres centenaires Maintenant il ne reste que pierres et misère Pourtant ce pays devait être très beau avant notre installation Hier on est monté mille cinq cent On a pris une tranchée Une autre et une autre encore On a tenu jusqu’à l’aurore Que vienne le temps d’être relevés On est redescendu trois cents J’ai tué tout mon soûl En serai-je un jour absout ? A la balle, à la baïonnette, au couteau et à la grenade Pas de quartier, ils en ont pris pour leur grade Pourquoi j’ai survécu ? Pourquoi ai-je survécu ? Pourquoi moi ? Dans quel but ? Plus tard être vaincu ? Je les ai vus rentrer Mutilés dans les chairs, les blessés Estropiés dans leur âme, les effarés Amputés dans leur corps, les gueules cassées Mieux vaut mourir ici Que de finir ainsi Imaginent-ils ce que nous vivons Comment nous crevons Ces hommes aux grands chapeaux insouciants Baladant à leurs bras ces femmes aguichantes Moi, c’est mon fusil collé à ma peau Qui me réchauffe dans ces bruits infernaux Dormir le jour, guetter la nuit Boire trop souvent de l’eau croupie Manger quand la corvée profite d’un répit Entendre des heures un malheureux appeler Qu’un coup de feu va délivrer Voilà notre vie Un tireur, on ne l’avait pas même aperçu A abattu mon meilleur ami à mes côtés Pas un mot, il a juste trembloté Un trou dans le crâne, une balle lui a ôté la vie Du sang qui coule sur son front gris Un piquet en terre, son casque par-dessus Maintenant c’est tout ce qu’il reste de lui Quelques papiers et un espace qui lui sert de lit Certains diront c'était un brave mais lui aurait préféré rentrer debout Plutôt que d'être enseveli sous une tonne de boue A sa place c'est une lettre que tant de familles redoutent Où on lira votre fils est tombé au champs d'honneur Pour tout hommage, il aura droit à une couronne de fleurs Déposée au monument, un beau jour d’août Dans ce trou à rats je t’écris que tout va Mais la vérité dans tout ça ? Terre, objets, morts et vivants forment de tels entrelacs Je ne me sens plus un homme dans cette puanteur là Les vers rongent les cadavres Et pour nous point de havre Les punaises hantent nos paillasses Les poux nos tignasses Les puces infestent tout notre bastion Et courent dans nos pauvres haillons La terre collée dessus fait de nous des statues de glaise Et nous rend plus mal à l’aise Les éclats nous hachent Et nous emportent sans panache La pluie nous détrempe Et éteint nos lampes Quand le froid glacial me pénètre Et que la neige nous fait disparaître Je me demande pourquoi se battre Jusqu’à l’aube grisâtre Pour un petit bout de terre Que nous allons sûrement reperdre Si tu voyais tous ces gars appeler leurs mères Quand se déchaîne sur nous tout cet enfer Pensent-ils comme nous, ceux d’en face ? Survivants se battant dans cette mélasse Je crois que oui, eux non plus n’ont pas choisi Qu’ils partagent aussi notre apathie Je vois souvent ton visage et tous ceux du village Combien seront de retour à la fin de ce carnage ? Reviendrais-je quand cesseront les roulements de tambour ? Que cela arrive un jour, je le souhaite mon amour Et quand le souvenir sera trop lourd Que j’aurai perdu mon peu de bravoure Nous crierons pour cacher nos peurs Mais le soir venu, ce sont nos pleurs Qui couleront sur toute cette horreur Comme pour laver nos erreurs Je te vois dans les champs avec les enfants Ne m’envoie rien, garde tout pour toi Dans notre bâtisse, je t’imagine Au coin du feu lisant ces lignes Ici, je sais, je t’aime comme un fou." Christelle Tribouilloy Jacques Pierrru
La vidéo: http://www.dailymotion.com/users/relevance/search/christelle-881
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| Chanson poème |
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